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07 Sep 2010 - 03:32
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Traduction adaptée en français du texte en reo māòhi "Te Māramarama e te Ite" :: sur une remise en question de la notion d'intelligence et de représentation de soi du māòhi ? Māòhi, nous sommes venus au monde forgés d'une intelligence particulière et nourris d'un savoir particulier. Occidental, nous somme tous deux , toi et moi, humains, nous avons tous deux un esprit. Nous avons une intelligence qui nous permet d'appréhender les choses qui nous entourent. Māòhi comment pourrions-nous remettre cela en question? Comment te faire admettre un instant que nous ayons de l'intelligence, que notre peuple a une intelligence qui nous vient de nos ancêtres et qu'il est un héritage extraordinaire qui nous a été laissé pour notre bien, pour que nous vivions à jamais? Toi comme moi, nous ne sommes pas des êtres sans importance. Nous ne sommes pas de simples coquilles vides. Nous ne sommes pas des animaux. Nous sommes résolument des êtres humains dotés du statut de la primauté sur les autres êtres de la nature, une situation nous plaçant au-dessus des autres espèces. Nous sommes effectivement au-dessus des plantes qui croissent, des animaux qui rampent, de ceux qui courent, de ceux qui nagent sous la surface de la mer et de ceux qui volent dans les airs. Nous n'avons pas de sabots pour courrir aussi vite que le cheval, ni de branchies pour nager sous l'eau, ni d'ailes pour nous élever aussi haut dans le ciel que les oiseaux. Mais nous sommes capable de conduire des automobiles, de commander des navires, et de voyager dans des aéroplanes. C'est ce qui nous est donné de faire et c'est toute la différence qui nous permet d'être au-dessus des autres espèces de ce monde. Il est si courant d'entendre que le maòhi n'a pas d'intelligence. Pourquoi cette pensée est-elle présente en nous? Elle n'a rien de bénéfique, elle nous place dans une situation de nullité et demandeur. Pourquoi se placer dans une telle situation de désastre psychologique ou en quoi cela peut-il nous permettre d'aller de l'avant? Est-ce que nous avons été à l'école pour apprendre ce type de chose? Qui se serait permis de propager un tel enseignement parmi nous? Mais par dessus tout pourquoi avons-nous été convaincus d'une telle chose? Comment avons-nous pu nous adapter à une telle idée qui nous met en situation de désolation complète et d'inhumanité? Il y a tellement de facteurs qui entrent en jeu, tellement d'idées préconçuent, contradictoires et antagonistes en ce monde que nous en soyons au point d'oublier notre humanité, notre spécifité, nos valeurs, notre esprit. Que nous en soyons rendus à une évidence de conviction que nous sommes sans valeurs. Comment extirper cette conviction ancrée si profondément en nous et redécouvrir ce qui est de nous, ce qui vient de nous et reconnaître notre contribution comme valable pour le reste de l'humanité et le reste de nous en voie de devenir? Lisez les textes qui sont sur ce site et apprenons à nous découvrir à nos yeux et que le reste du monde suive notre découverte. Nombreux de ces textes que nous publions ici sont signés du pseudonyme TKNui, il s'agit de votre humble serviteur. Je vais exposer ce qui me parait un élément fondamental du principe d'intelligence qui survit en nous, de notre façon de penser en partant du choix de ce pseudonyme, de sa construction et des répercussions qui s'en suivent. J'ai choisi comme pseudo, élément fondamental pour se garder d'une trop grande exposition sur le net, TKNui qui est la contraction de Tahunga Korero Nui. En voici la signification. Je suis un tahuà qui se dit TAHUNGA dans ma langue ancestrale des
Tuamotu,
le paùmotu. Ce nom est un titre reconnu d'une fonction attachée à tout expert
d'un domaine de compétence quel
qu'il soit dans la société polynésienne d'antant.
Sa signification est quelque peu galvaudée aujourd'hui, elle a en effet pris
une signification négative depuis la propagation de la religion, elle a été
confinée dans un sens très réducteur du spécialiste des
connaissances occultes,
soit un sorcier. Un tahuà est un expert et dans la société qui prévalait avant
l'arrivée des européens
existaient des experts dans tous les domaines, de la
construction de pirogues - tahuà vaa, de construction de lieu de culte - tahuà
marae, de construction d'habitat - tahuà fare, de fabrication de cordes - tahuà
nape, etc. Je me réclame de ce type de rapport
et revendique la position d'expert
dans des domaines dont j'ai appris les savoirs en allant à l'université et tout
au long de mon
éducation scolaire, et en ce moment même où durant l'occupation
d'emplois j'ai gagné de la compétence. Dans notre langue
maòhi très imagée je
parle de la nourriture que j'ai ingurgitée jusqu'ici, il s'agit en effet d'une
réelle ingestion et digestion qui
est celle de l'esprit ingérant des connaissances
et les digérant pour servir de moyen à l'expression de mon être et de ma
richesse.
Non à faire disparaître ce qui est mon essence. Cette prise de conscience est
le premier pas vers l'intelligence. Il
en reste encore à découvrir. Suivez le
guide. Tahunga Korero Nui, est en somme le choix que nous avons fait de nous rendre public par un certain type de discours, de nous mettre en retrait par la préférence de mettre en lumière notre message. Le message est très simple, pour s'assurer une position délicate comme celle que nous revendiquons, nous devons nous instruire d'une instruction qui ne vient pas de la chair mais essentiellement de l'esprit. C'est en totalité ce que veut dire le terme Nui-Majesté qui vient projeter Tahunga Korero dans des attributions qui dépassent le cadre du simple discours intellectuel. Nous ne sommes pas seulement expert en quelque chose que nous pouvons partager par le discours, nous sommes soumis à la loi du coeur. Par trop pompeux Tahunga Korero Nui, cède la place à un nom plus commun, plus Paùmotu, plus moderne, plus dans le vent mais qui ne retire en rien sa mission première. TKNui, est composé de la lettre T, K et Nui. TKNui donne TeKa Nui - TEKA est l'archer dont les flèches sont des paroles destinées à révéler l'esprit maòhi, l'esprit de sa nature. C'est en substance ce que veut dire notre pseudonymes "E TEKA vau i te reko NUI". Ne nous perdons pas en pensées. C'est une lecture qui appelle d'autres principes que ceux de la connaissance cartésienne. C'est notre pensée en mouvement et en actes. Ceci est un exemple de la façon de procéder de notre esprit, la manière dont agençaient nos Tupuna - ancêtres - le monde qui les entouraient. Il y a un fossé énorme entre le monde tel que nous le concevons dans ce règne de rationalisation et celui dont nous revendiquons l'existence en nous et dans tous ceux qui sont les héritiers du monde de nos ancêtres. Il existe en effet chez ces derniers une part d'irrationnelle qui accompagne la part de compréhension que nous avons du monde. "Nous vivons dans un monde dont nous n'avons aucune connaissance profonde et notre compréhension de ce qui nous entoure ne sera jamais complète" serait un des enseignements de nos vieilles générations de sages. Cette conscience des choses et l'humilité qui en découle force la croyance en un principe supérieure dont nous approuvons l'existence, du fait que forcément il y a un état de compréhension totale mais qui nous échappe. Dieu prend ici toute sa signification et la réalité de son état est pour beaucoup dans la reconnaissance qu'il faut être un dieu pour en connaître tous les tenants et aboutissants. L'être humain est bien trop faible et limité dans cette perspective de connaissance absolue des choses qui nous entourent. "Garde-toi de mettre la main sur tout ce qui t'entoure de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de mal car le Tapu est là pour te détruire, regarde les choses avec ton fond intérieure, il est fait par dieu et de dieu. Qu'en toi persiste la reconnaissance et le respect. Nous connaissons que si peu de choses" - "E Atua tei rahu i te reira. Ia hiò òe i te tahi mea, a feruri ma to varua, èiaha e tuu noa i te rima i nià a pohe òe i te maì. Ia vai te faatura i roto ia òe i te mau taime atoà, a roohia òe i te tahi tapu e ìno ai òe. Aita hoì taua i ìte i te auraa o te mau mea atoà". Ceci est d'une limpidité pour nous, pourquoi ne l'est-elle pas pour tous ? Ce n'est certes pas la tasse de thé du monde dont la suprématie tend à s'imposer comme le modèle de société de choix pour tous. Qu'importe nous avancerons par la preuve qu'une logique intrinsèque est en vie, qu'une représentation bien plus riche à notre avis perdure, nous venons de faire la démonstration de ce qui peut sous-tendre le choix d'un pseudonymes, cela peut être étendue à la fabrication d'un nom ou du prénom d'une personne, c'est ce qui s'est passé pour mes propres enfants. Voici un autre exemple de cette survivance dans le monde d'aujourd'hui, dans le domaine de la technologie tant décriée comme le sommum de l'évolution d'une logique qui relègue toutes les autres au rang de simple état d'esprit. Nous avons coutume dans notre
peuple de composer des hymnes à notre terre pour
en faire l'éloge mais également pour des besoins d'identification et de
construction
identitaire, notamment en y incluant des éléments fondamentaux de reconnaissance
de cette terre dont les
toponymes, les noms de héros, l'histoire de la terre
elle-même et des gens qui s'y sont succédés. C'est le Paripari
fenua
ou Faatara, cela est du même ordre de chose que les hymnes
nationaux, ce n'est donc
pas une pratique inconnue du monde, mais elle reste
cependant pour celui-ci du domaine du particulier ou de l'extraordinaire.
Nous
avons la preuve que cette coutume s'est immiscée jusque dans nos machines et
à pris vie sur un pays complètement
virtuel. Un hymne de cette sorte a été composé
pour affirmer l'identité d'un Groupe qui se prénomme AORAI,
c'est le seconde sommet de Tahiti. Aorai est comme la montagne d'un
pays virtuel
mais non moins réel, avec Vaitārere sa rivière suspendue, sa place
publique d'oraison T'ŌMĀ,
avec son cap Hitimureòre qui avance sans fin et son
Intendant l'expert Oviri
i te Puaavao. Tout y est pour affirmer l'identité du groupe dans l'honneur
et la
tradition. Mais bien plus encore ce lieu T'ŌMĀ
s'est doté
d'une organisation qui fait appel à des principes aussi traditionnels
dans un contexte moderne et technologique. Vous pouvez lire
cet hymne, ce chant
de pays virtuel en cliquant sur T'ŌMĀ
:: Chant de pays virtuel. Il s'agit encore une fois d'une forme d'intelligence
que nous
ont léguée nos ancêtres. Pourquoi alors se résigner à faire de ce monde ancestrale un monde disparu et emprunter une voie qui ne fait pas partie de notre héritage. Si ce monde dans lequel nous vivons est un héritage, alors c'est un héritage universel qui appartient à tous et dans lequel nous baignons. Nos ancêtres avaient une intelligence particulière, raffinée dans leurs rapports avec la nature et la nature des choses. L'occidental a oublié cette part de divin dans toute chose. Il a objectivé ce monde pour se mesurer à lui même, pour mettre en exergue ses capacités de cogitation et de réalisation, cela est une qualité humaine dont l'intelligence est l'outil. Mais il a fini par renier son état d'humanité pour se donner la condition divine. Une erreur monumentale pour le monde, et particulièrement meurtrier pour le monde humble et naturel. Ce monde ne faisant que la part belle à l'objectivation est désormais enfoui sous une masse étouffante de ferraille et de plastique plombée. Il renie son esprit et le confond avec son intelligence pour oublier les sentiments. Il n'a plus aucun plaisir si ce n'est le plaisir de créer encore plus de la matière. Plus aucun respect envers Dieu car il ne lui parle plus, il ne le loue plus, il lui a pris la place. Son orgueil est démesuré, il se nourrit désormais de la gloire qui ne lui appartient pas. Il est empoisonné d'avoir ingéré de la nourriture impropre à sa nature car c'est de la nourriture divine qu'est faite la gloire. Il a dépassé les bornes de son monde pour se vêtir d'or et s'asseoir sur le trône de Dieu. Alors mes chers frères maòhi et aussi toutes celles et ceux qui ne voient
plus
les choses de manière lumineuse, qui sont déçus de la finalité de ce projet
de société, nous ne sommes pas rien. Nous
avons un héritage qui arrive du passé
pour nous porter vers le futurs. Il n'y a pas lieu de revendiquer le manque
de quoi que ce
soit et de se lamenter sur une soit disante inadaptation de notre
culture ou de notre système de pensée à la société actuelle.
Reconnaissons que
nous sommes bien celui de toutes les espèces qui a la chance inouïe d'être au-dessus
de toutes les
autres. Reconnaissons que rien ni personne ne détient la vérité,
ni la joie et le bonheur d'avance et plus que qiconque.
Reconnaissons que le
monde dans lequel nous vivons est un projet commun de vie et que tous y apportent
leurs
contributions, aussi minimes qu'elles soient, elles sont bonnes pour l'humanité
entière. Reconnaissons que nous sommes des
êtres mortels et que nous n'avons
que limitations, nous ne sommes pas des dieux: Dieu existe. Reconnaissons que
nous
sommes fait pour participer à la gloire, mais qu'il ne nous appartient
pas encore de savoir pour qui ni pourquoi. Arrêtons de nous
conduire comme des
dieux et commençons par être ce que nous sommes, des êtres doués d'intelligence
par rapport aux
autres espèces de la terre. En cela, nous sommes bien des dieux
mais selement aux yeux des animaux. Si nous voulons
apprendre la divinité, commençons
d'abord à apprendre notre humanité divine envers la nature de cette terre. Arrêtons
de
répandre la mort et sachant donner la vie, l'organiser et le mettre à profusion
à la disposition de tous. Soyons NUI - majestueux -
pour le moment nous ne sommes
que NOA - ordinaire - car pour être NUI il faut une qualité exceptionnelle qui
est
l'humilité. |
| Les Enfants de Tangaroa vous saluent ! |